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Article paru le : Lundi 24 Août 2009 |
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Les membres du G5, fers de lance de partenariats biotech |
Ipsen, le LFB, Pierre Fabre, Sanofi-aventis, et Servier sont tous engagés dans la voie des biotechnologies. Les contours de ce domaine sont parfois difficiles à cerner. Parle-t-on de modèle d´organisation d´entreprises ? de produits biologiques ? des méthodes utilisées pour identifier des candidats médicaments (chimiques et biologiques) ? ou encore des produits eux-mêmes ? Les biotechnologies, c´est un peu tout cela en même temps. La découverte de nouveaux médicaments devient de plus en plus complexe. Grâce aux progrès accomplis dans les sciences du vivant, des start-up ont développé des nouvelles plates-formes technologiques à haute valeur ajoutée et les pharma historiques ont continué d´investir dans la recherche selon différents axes. Le rapprochement des deux compétences était logique pour accélérer les processus et pouvoir bénéficier des avancées scientifiques les plus récentes. Chacun des majors de l´industrie pharmaceutique en France a donc cherché à l´extérieur ce qui n´était pas chez lui : une technologie, la capacité d´identifier des nouvelles cibles thérapeutiques, des nouveaux candidats médicaments ou encore des marqueurs. Cette volonté d´accéder au plus vite aux technologies les plus pointues s´est concrétisée par la conclusion de nombreux partenariats. Dans le même temps, les firmes du G5 ont investi dans leurs propres équipes pour développer et renforcer leurs compétences dans les biotechnologies.
Au-delà de ces collaborations entre deux parties - sous la forme de simples prestations de services ou sous la forme de partenariats gagnant-gagnant -, les membres du G5 se sont tous associés aux pôles de compétitivité qui ont vu le jour en France en 2005. Parmi ces pôles, plusieurs – notamment Medicen, Cancer Biosanté et Lyonbiopôle - sont porteurs de projets biotechnologiques qui allient les savoir-faire d´entreprises privées et de la recherche académique (voir dossier « Le G5 très présent au sein des pôles de compétitivité » sur le site du G5 – mise en ligne mai 2008).
Au cours des dernières années, des partenariats originaux se sont également mis en œuvre dans le cadre de l´initiative européenne IMI (initiative médicaments innovants). Destinés à améliorer les processus d´innovation au niveau pré-concurrentiel, les projets utilisent souvent les techniques biotechnologiques (voir dossier « L´IMI pour restaurer la compétitivité de la recherche pharmaceutique » sur le site du G5 - mise en ligne juillet 2008).
Pour en savoir plus sur les partenariats des membres du G5 dans le domaine des biotechnologies, nous vous proposons un panorama de leurs accords et de leurs engagements.
IPSEN : LES PARTENARIATS BIOTECH COMME AXE FORT DE DEVELOPPEMENT Le système de partenariats est pratiqué de longue date au sein des laboratoires Ipsen. « Il constitue la colonne vertébrale de la R&D, tant pour la recherche amont que pour le développement précoce ou tardif », relève Christophe Thurieau, vice-président recherche translationnelle du groupe Ipsen. Alors que le laboratoire a fait le choix d´orienter sa recherche vers la médecine spécialisée, il s´est doté de plates-formes technologiques et dispose de plusieurs sites R&D orientés vers ses quatre axes thérapeutiques : l´endocrinologie, l´oncologie, les maladies neuro-dégénératives et l´hématologie. Tout ce qui touche aux maladies hormono-dépendantes y occupe une place de choix. Aujourd´hui, Ipsen développe, produit ou commercialise plusieurs produits biologiques à côté de ses produits issus de la chimie classique et s´engage de plus en plus dans les biotechnologies. Les acquisitions de sociétés biopharmaceutiques - Sterix (2004), Tercica (2008), et Vernalis (opérations commerciales en 2008) - sont des exemples de cet engagement. Le développement dans le traitement de l´hémophilie d´un facteur VII recombinant, l´OBI-1 (dont les droits ont été acquis auprès d´Octagen), sur le site de Milford (Etats-Unis) en est un autre exemple.
Le groupe s´intéresse aussi de très près aux avancées des sciences du vivant. « Dans une stratégie à long terme, nous cherchons à être proches des grands centres académiques », souligne Christophe Thurieau. C´est dans ce contexte, et en vue de bénéficier des avancées de la recherche fondamentale et de pouvoir identifier les meilleurs candidats médicaments, qu´Ipsen a conclu des partenariats avec divers instituts académiques et sociétés de biotechnologies. En voici quelques exemples.
Le partenariat avec l´Imperial College et l´Université de Bath (Grande-Bretagne) remonte à 2004. Il vise la recherche d´inhibiteurs d´enzymes impliquées dans la biosynthèse des hormones stéroïdiennes. Plus récemment, début 2008, un travail de collaboration a été initié entre Ipsen et le Salk Institute (près de San Diego, Etats-Unis). Au sein de l´Institut qui est spécialisé en recherche fondamentale, le programme collaboratif d´Ipsen a pour objectif d´accroître les connaissances dans les maladies dégénératives et prolifératives. Trois domaines sont plus particulièrement visés : l´endocrinologie, l´oncologie, les maladies neuro-dégénératives. En France, des projets de recherche sont également menés avec l´apport du CEA en neurosciences et de l´Inserm en oncologie.
D´autres types de partenariats ont été mis en œuvre, avec, à chaque fois, la recherche d´applications thérapeutiques ciblées. « En oncologie, une des cibles thérapeutiques travaillée avec l´Imperial College, une stéroïde sulfatase, est exprimée de façon importante dans le cancer du sein. Une élévation du taux de cette enzyme est prédictive d´un mauvais pronostic. », indique le vice-président recherche translationnelle du groupe Ipsen. Disposant aujourd´hui d´un inhibiteur de cette enzyme en phase 1 et 2 dans le cancer du sein et de la prostate, un partenariat a été initié avec Biomérieux pour la mise au point d´un test de mesure de l´expression de cette enzyme. Ce test permettra d´identifier si les patients ont un taux d´enzyme élevé et sont donc éligibles au traitement en cours d´évaluation. Avec Tercica, une société biopharmaceutique spécialisée en endocrinologie (basée aux Etats-Unis), c´est une tout autre aventure qu´a vécue Ipsen. Du partenariat initial est né Increlex®, un traitement de l´insuffisance sévère primaire en IGF-1* (Increlex® a été approuvé par l´EMEA en octobre 2007), et donc destiné à la prise en charge des personnes de petite taille. En octobre 2008, Ipsen achevait l´acquisition de Tercica qui est donc désormais une filiale du groupe.
Toujours dans le domaine du retard de croissance, un partenariat a été conclu avec Celera en 2004. Avec cette société spécialisée dans le séquençage à haut débit, l´objectif est d´étudier le profil génétique des personnes de petite taille et de voir si on pouvait établir entre une corrélation entre ce profil et la réponse ou non réponse à une combinaison de l´hormone de croissance de Genentech et l´IGF1 d´Ipsen. Un autre type de partenariat a été signé avec Roche. Grâce à son savoir-faire dans le domaine des protéines et des peptides, Ipsen a identifié un analogue du GLP 1** naturel qui intervient dans la régulation de la glycémie. Après des premiers résultats prometteurs en phase 2, Ipsen s´est rapproché de Roche pour poursuivre le développement clinique dans le traitement du diabète, où Ipsen n´est pas présent.
Au sein d´Ipsen, résume Christophe Thurieau : « Nous valorisons les produits issus de notre recherche. Si les applications ne sont pas directement dans notre focus, nous les licencions à l´extérieur. Réciproquement, nous recherchons à l´extérieur de nouveaux concepts thérapeutiques ou des outils permettant une utilisation plus ciblée et donc plus efficace des traitements dans nos domaines de compétences ». * IGF 1: inhibitor Growth factor 1 ** GLP-1 : glucagon-likepeptide-1
LE LFB : LES PARTENARIATS BIOTECH DANS LA CONTINUITE DE L´EXPERTISE INTERNE Spécialisé dans le domaine des médicaments dérivés du plasma, le Groupe LFB est de plus en plus présent dans le développement d´anticorps monoclonaux et de protéines de nouvelle génération issues des biotechnologies. Rappelons que le groupe travaille principalement sur des médicaments indiqués dans des pathologies graves et souvent rares, dans des domaines thérapeutiques comme l´hémostase, l´immunologie et les soins intensifs. Sa stratégie de croissance est axée sur le développement de ses activités internationales et sur la mise au point de thérapies innovantes. Le LFB est aujourd´hui la première entreprise de biotechnologie en France, selon le panorama 2008 de l´association France Biotech. Anticorps monoclonaux, facteurs de coagulation, immunoglobulines, albumine et autres protéines indiquées dans des pathologies graves et parfois très rares sont le quotidien de l´entreprise qui maîtrise en interne des savoir-faire très spécifiques dans le domaine de la R&D et dans les techniques de production des protéines. Le développement de protéines plasmatiques de nouvelle génération et de nouvelles formes galéniques, la validation de nouvelles indications et la sécurisation biologique constituent des axes importants dans les activités R&D du LFB. Les produits issus de biotechnologies constituent une autre voie de développement du LFB qui travaille dans ce domaine selon deux axes : - les cultures cellulaires pour l´obtention d´anticorps monoclonaux, - la transgénèse animale pour permettre la production de protéines recombinantes dans le lait de mammifères.
« Notre activité de R&D s´appuie sur la complémentarité entre notre recherche interne et des partenariats avec des organismes de recherche publics et différentes entreprises innovantes », indique Rémi Urbain, directeur des partenariats scientifiques du LFB.
Ainsi, le laboratoire a tissé des liens étroits avec l´Inserm, notamment dans le domaine de l´étude des récepteurs des immunoglobulines et leur implication dans l´activation du système immunitaire. Il en est de même avec le CNRS, l´Inra et le CEA. Le LFB dont l´un des sites de recherche est basé à Lille a développé des collaborations étroites avec les établissements hospitaliers de la région Nord-Pas-de-Calais. Autre approche : celle des pôles de compétitivité qui associent au niveau pré-concurrentiel des grandes entreprises, des start-up et la recherche publique. Le LFB est par exemple pilote du projet de recherche Immucan (immunothérapie ciblée en associant plusieurs stratégies thérapeutiques) labellisé par le pôle Medicen Paris-Région et du projet HuMabFc (amélioration des caractéristiques des anticorps monoclonaux recombinants) labellisé par le pôle Cancer Bio-Santé. Ce dernier est mené en collaboration avec MilleGen (Toulouse) et l´Inserm. Le LFB est membre fondateur de la Fondation de recherche Alliance Biosecure, reconnue d´utilité publique, qui a pour mission de contribuer à l´amélioration de la sécurisation biologique des produits de santé.
Outre ces collaborations scientifiques, le LFB a développé des accords avec plusieurs sociétés de biotechnologies et est a pris le contrôle de deux entreprises : GTC Biotherapeutics (Etats-Unis) et dans Mabgène (France).
La collaboration engagée avec GTC Biotherapeutics depuis 2006 concerne le développement, la production et la commercialisation de médicaments à partir d´animaux d´ingénierie génétique. Les premiers projets intégrés dans la collabortion sont dans le domaine de l´hémostase (FVIIactivé et FIX) mais également dans le domaine de l´oncologie avec un anticorps monoclonal anti-CD20 Avec l´intégration de la société de bioproduction Mabgène au sein du groupe, le LFB s´est doté de capacités industrielles et commerciales dans le domaine très spécialisé de la bioproduction par cytoculture de cellules eucaryotes.
« Actuellement, nous travaillons avec une dizaine de société de biotechnologies en France ou à l´étranger, dans des domaines variés », précise Rémi Urbain. En dehors des techniques de production et de la mise au point de nouvelles protéines ou de nouveaux anticorps monoclonaux, les travaux portent sur la recherche galénique et la sécurisation biologique.
Grâce à son important effort de recherche, le LFB dispose d´un portefeuille d´une de produits en développement de grand intérêt thérapeutique, dont deux anticorps monoclonaux qui sont entrés en phase de développement clinique fin 2008.
GROUPE PIERRE FABRE : DES PARTENARIATS BIOTECH ET UN CENTRE D´EXCELLENCE
Comment le groupe Pierre Fabre a-t-il établi des partenariats avec les sociétés de biotechnologies ? « Dans ce domaine, nous travaillons avec des entreprises extérieures au groupe selon deux axes », précise Luc Aguilar, conseiller en affaires scientifiques auprès de la présidence du groupe Pierre Fabre. « Nous avons d´une part des partenariats de services à haute valeur ajoutée. Ces sociétés offrent des technologies innovantes qui apportent des outils et modèles pharmacologiques originaux pour découvrir et valider nos futurs médicaments au stade de la recherche amont. D´autre part, nous mettons en œuvre des partenariats pour développer nos propres produits biologiques, tels que les anticorps monoclonaux issus de notre centre de recherche de Saint-Julien . » Pour le groupe Pierre Fabre qui a amorcé son virage biotech au débat des années 2000, l´ensemble des partenariats se sont accélérés en 2005 avec le lancement des pôles de compétitivité, « un point d´appui important pour associer les savoir-faire ». Le groupe est notamment partie prenante dans le pôle Cancer Biosanté (Midi-Pyrénées, Limousin) où il travaille avec la recherche académique et avec différentes sociétés innovantes. « Dans ce cadre, nous avons créé des liens avec des sociétés sur le territoire telles que GTP Technology ou Vectalys », indique Luc Aguilar. GTP Technology (France) est spécialisée dans les solutions "sur mesure" pour l´expression et l´ingénierie des protéines recombinantes. Pour sa part, Vectalys (France) dispose d´une plate-forme permettant la validation de cibles et l´élaboration de modèles cellulaires originaux pour le criblage de molécules d´intérêt pharmacologique. Fortement ancré dans le sud-ouest, le groupe a le souci de trouver dans son environnement proche les compétences dont il a besoin. « En vue d´identifier des opportunités dès la création de sociétés innovantes tout en apportant notre expertise de la pharmacie, nous nous sommes engagés dans différentes structures d´incubation », souligne Luc Aguilar. Au total, le groupe travaille régulièrement avec une dizaine de sociétés de biotechnologies en France et à l´étranger.
Au-delà des collaborations de services avec des biotech, Pierre Fabre a initié en 2001 un partenariat avec la société Genfit (France) ; celui-ci a été renouvelé en 2005. L´objectif est de valider de nouvelles cibles thérapeutiques à partir desquelles le groupe Pierre Fabre travaille au développement de nouvelles molécules dans le domaine thérapeutique particulier du métabolisme.
Au sein de l´entreprise elle-même, le groupe a fait le choix d´investir massivement dans son Centre d´immunologie (CIPF) pour identifier de nouveaux anticorps monoclonaux pour des applications en oncologie. Sur le site de Saint-Julien en Genevois (en Haute-Savoie, à proximité de la frontière suisse), des équipes se consacrent depuis plusieurs années à cet axe recherche. Une première étape clé a été franchie avec la mise au point d´un anticorps monoclonal dirigé contre le récepteur de l´IGF1, ce dernier étant surexprimé dans de nombreuses cellules cancéreuses. Le candidat médicament fait l´objet d´une première preuve de concept clinique sur les patients atteints de cancer colorectal. Le développement de cet anticorps nécessitant d´importants moyens de la recherche jusqu´à la mise sur le marché, le groupe Pierre Fabre s´est rapproché de l´américain MSD qui assurera les développements cliniques nécessaires pour atteindre l´enregistrement du produit. Véritable fer de lance de l´orientation biotechnologique du groupe, le Centre d´Immunologie Pierre Fabre a également deux autres produits issus de sa recherche dont l´un est actuellement en phase active de partenariat pour un futur développement clinique. A côté de cette expertise de recherche, le groupe Pierre Fabre dispose d´un Département de biotechnologie industrielle, dédié à la production de produits biologiques. De nouveaux investissements sur le site de Saint-Julien lui permettront d´assurer en interne la production et la purification des anticorps destinés à sa recherche ainsi que la production des futurs premiers lots pour les phases réglementaires pré-cliniques et cliniques.
« Nous avons conscience que les jeunes entreprises innovantes sont des bulles d´air pour l´innovation, dans un contexte où le risque de la recherche pharmaceutique augmente, souligne Luc Aguilar. Compte tenu de la taille intermédiaire du groupe, nous sommes particulièrement sensibilisés à la nécessité d´identifier les futurs médicaments à un stade précoce. Par ailleurs, cette position nous permet d´être approché par les majors du secteur comme le sont les sociétés biotechs en proposant des produits biologiques innovants aux premières étapes du développement clinique. »
GROUPE SERVIER : DES PARTENARIATS POUR IDENTIFIER PLUS RAPIDEMENT DES CANDIDATS MEDICAMENTS
Pour le groupe Servier, l´intérêt pour les biotechnologies est déjà ancien. « Il est lié au fait que le groupe a développé sa propre expertise dans des domaines bien définis sans chercher à se doter en interne de toutes les technologies qui émergent, précise Antoine Bril, directeur adjoint recherche Institut de Recherche Servier. « Nous sommes très attentifs à tous les services et outils développés à l´extérieur qui peuvent accélérer notre recherche ou contribuer à enrichir notre portefeuille de projets dans le but de mettre à disposition des malades des thérapies innovantes ».
Tout début mai 2009, Servier a signé un accord avec Pharmacyclics (Etats-Unis), une société de biotechnologie californienne, afin de développer et d´exploiter hors territoire américain un candidat agissant sur le traitement de certains types de cancers et leucémies.
« Nos partenariats visent en priorité à identifier des candidats médicaments », souligne Antoine Bril. Le groupe a donc multiplié des partenariats ciblés par rapport à des produits ou des projets, avec toujours en toile de fond les domaines de l´oncologie, du cardiovasculaire et des neurosciences ou encore des maladies métaboliques où il est présent.
« Aujourd´hui, insiste Antoine Bril, il est impossible de mener des recherches sans s´appuyer sur l´apport des biotechnologies et sans utiliser les plates-formes technologiques développées par certaines sociétés spécialisées ». C´est ainsi que le groupe Servier travaille avec Cerep (France) pour le criblage et les profils des récepteurs, avec Genomequest (France) qui dispose d´outils de datamining et d´une base de données sur l´information génomique ou avec des sociétés comme NoKad (France) et GenOway (France) pour la mise en place de modèles expérimentaux permettant de tester des hypothèses physiopathologiques. De même, avec la société Cellectis (France), Servier a mis en place une collaboration permettant d´accéder à une technologie innovante dans l´ingénierie du génome. Ce partenariat, initié en 2007, s´est concrétisé cette année par une licence non-exclusive de la technologie développé par Cellectis dans le but de renforcer, par l´utilisation de stratégies biotechnologiques innovante, les capacités de Servier à identifier de nouveaux candidats médicaments. Enfin, Servier travaille en partenariat avec la Société Vernalis (Royaume-Uni) dans le cadre de la biologie structurale et du criblage de fragments par résonnance magnétique nucléaire (RMN) sur plusieurs projets.
D´autres partenariats de biotechnologies sont engagés de longue date dans le but d´identifier et de caractériser de nouvelles cibles moléculaires avec l´objectif à terme d´identifier de nouvelles stratégies thérapeutiques. C´est le cas notamment avec Genfit (France) et Hybrigenics (France). Dans le premier cas, l´objectif poursuivi est de conjuguer les savoir-faire pour la mise au point de médicaments dans les maladies métaboliques, obésité et diabète. Suite à un premier partenariat initié en 2004, Servier et Genfit ont prolongé en janvier 2009 leur collaboration par un programme de découverte de candidats médicaments sur la base des résultats acquis. Avec Hybrigenics, spécialisée dans la protéomique fonctionnelle, le groupe Servier visait la sélection de cibles thérapeutiques dans le cancer, cibles qui aujourd´hui sont en passe d´être validées sur le plan expérimental.
« Aujourd´hui, plusieurs produits issus de partenariats avec des sociétés de biotechnologie sont en cours de développement clinique (phase 1 ou 2) », indique Antoine Bril.
En dehors de ces partenariats - bâtis sur le principe du gagnant-gagnant dès que cela est possible -, le groupe Servier participe à plusieurs projets au sein des pôles de compétitivité. Il est particulièrement impliqué dans le pôle Medicen où il est associé aux projets CREMEC (Centre de Ressource de Modèles Expérimentaux de Cancer) et TransAL (approche Translationnelle dans la maladie d´Alzheimer, avec recherche de biomarqueurs) ainsi que dans l´Initiative Médicament Innovant (IMI) de la Communauté Européenne. Enfin, plusieurs accords ont été passés avec des organismes de recherche publique qui touchent de près ou de loin le domaine des biotechnologies. Servier est en effet un des tout premiers partenaires privés des équipes de recherche publique et académique telles que Inserm, CNRS, CEA, Centres Hospitalo-Universitaires, Institut Curie.
SANOFI-AVENTIS : UN POIDS CROISSANT DES BIOTECHNOLOGIES EN INTERNE ET VIA DES ACCORDS
La présence de Sanofi-aventis dans les technologies issues du vivant n´est pas nouvelle. Les insulines et les vaccins – deux axes du groupe - sont des produits biologiques. On l´oublie parfois. Comme le souligne Jean-Claude Muller qui est en charge de la Prospective chez Sanofi-aventis, le terme « entreprises de biotechnologies » est souvent attribué à des sociétés répondant au modèle de start-up qui a émergé dans différents domaines technologiques. De taille réduite, ces entreprises innovantes bénéficient d´une forte réactivité avec un mode de fonctionnement particulier. Pour autant, la part des produits issus des biotechnologiques au sein de la R&D de Sanofi aventis ne cesse de croître. Le groupe ambitionne de devenir un acteur clé dans ce secteur et veut porter de 15 % en 2007 à près de 30 % en 2012 le nombre de ces produits dans son portefeuille de recherche.
Le groupe a ainsi renforcé ses capacités de recherche interne dans les biotechnologies en complément des investissements déjà faits au sein de Sanofi-Pasteur. Dans le même temps, le groupe a, depuis le début de l´année, multiplié les accords avec des entreprises extérieures : Kyowa Kirin et Biowa (Japon), Oxford Biomedica (Grande-Bretagne), Novozyme (Danemark), BiPar et Exelexis (Etats-Unis). Jean-Claude Muller met en avant trois partenariats stratégiques majeurs : ceux conclus avec Regeneron (Etats-Unis), Dyax Corp. (Etats-Unis) et Acambis (Grande-Bretagne).
Avec Regeneron, Sanofi-aventis s´est engagé dans un partenariat allant de la recherche amont au développement. « C´est un exemple de ce que aimerions faire avec d´autres », souligne Jean-Claude Muller. Alors que, en 2003, Aventis avait signé un simple accord de licence avec Regeneron pour un anticorps monoclonal, le numéro 3 mondial a souhaité aller plus loin dans son travail collaboratif et a conclu, en 2007, un nouvel accord stratégique. Objectifs : accéder aux technologies de Regeneron – dont VelocImmune® – pour la découverte d´anticorps monoclonaux humains, travailler ensemble sur le développement des candidats médicaments puis éventuellement co-promouvoir les produits issus de cette recherche. Dans la pratique, Regeneron travaille sur une centaine de cibles thérapeutiques, choisies par les deux partenaires, pour proposer des candidats à mettre en développement. Les phases précoces sont entièrement réalisées chez Regeneron, Sanofi-aventis reprenant le leadership lors de l´initialisation des phases cliniques. Un produit est aujourd´hui en phase 1 et deux autres sont dans l´attente de leur autorisation d´essais cliniques.
L´accord conclu avec Dyax Corporation, basé aux Etats-Unis, s´inscrit un peu dans la même lignée. Signé en 2008, il comprenait deux parties : un accord de licence pour un anticorps monoclonal humain mis au point par Dyax ainsi qu´un transfert progressif d´une technologie brevetée par la société américaine, le « Phage Display ». Grâce à des modèles développés in vitro, cette technique permet, dans une banque de peptides exposés sur phage (qui sert alors de vecteur), de sélectionner des séquences de nucléotides donnant la possibilité d´identifier des anticorps. Un premier produit issu de cette technologie est en phase 1.
Spécialisé dans les vaccins, Acambis travaille avec Sanofi-Pasteur depuis près de 10 ans. En partenariat, les deux firmes ont lancé le développement de plusieurs vaccins, notamment contre l´encéphalite japonaise et le virus du Nil occidental. En 2008, Sanofi Pasteur a finalisé l´acquisition de la firme britannique ce qui renforce ses capacités de recherche dans les vaccins. Elle lui donne aussi accès à une technologie de culture cellulaire qui permet de préparer des vaccins sans recourir à la voie traditionnelle de culture sur œufs.
Avec Oxford Biomédica (Grande-Bretagne), Sanofi-aventis a modifié son accord précédent axé sur l´oncologie. Celui-ci lui ouvre le champ des thérapies géniques dans le domaine de l´ophtalmologie.
A côté de ces accords récents, d´autres collaborations se poursuivent. C´est le cas notamment avec Immunogen (Etats-Unis) depuis 2004. Sanofi-aventis fait également partie des partenaires historiques de Genfit (France) . L´accord initial, signé en 1999, qui portait sur la découverte de cibles thérapeutiques dans le diabète et les maladies inflammatoires a été élargi récemment au traitement des maladies neurodégénératives.
Un autre accord de recherche lie Sanofi-aventis, Innogenetics (structure belge, rachetée par Solvay) et l´Inserm (via l´Inserm transfert) depuis 2006. Cet accord vise la mise au point d´outils de diagnostic dans la maladie d´Alzheimer.
« Les domaines où nous avons le plus de collaborations concernent le cancer, l´inflammation, les cellules souches et les maladies neurodégénératives, indique Jean-Claude Muller. Dans les autres domaines où se développe Sanofi-aventis, nous avons également des accords ». « Selon l´organisation des sociétés de biotechnologies, nous nous adaptons à leur business model », ajoute le directeur en charge de la Prospective.
Des partenariats public-privé En parallèle de ces accords visant l´identification de candidats médicaments, des collaborations ont été mises en œuvre avec différents instituts ou universités. On peut citer l´accord avec le Salk Institute for Biological Studies (Californie – Etats-Unis) pour l´accès à des cellules souches ou encore celui conclu avec les Instituts de sciences biologiques de Shangaï (Chine) dans plusieurs axes thérapeutiques (diabète, cancer, maladies neurologiques) et l´Institut d´hématologie et des maladies sanguines à Tianjin (Chine) pour la découverte de nouveaux anticorps. Autres exemples d´accords publics-privés : Sanofi-aventis s´est rapproché de l´Université de Pennsylvanie (Etats-Unis) pour développer du screening d´anticorps et de celle de Johns Hopkins à Baltimore (Etats-Unis) pour l´étude des phénomènes d´asthme et d´allergie. Tous visent l´amélioration des connaissances des sciences du vivant pour mettre au point des médicaments biotech ou non.
Comme les autres membres du G5, Sanofi-aventis est présent dans plusieurs pôles de compétitivité et participe à une douzaine de projets collaboratifs à des niveaux pré-compétitifs qui touchent surtout des plates-formes technologiques. Enfin Sanofi-aventis est un acteur majeur d´Innovative Medecine Initiative (IMI) qui vise à lever des « verrous » et à augmenter l´innovation. Dans le cadre de cette initiative, Sanofi-aventis a été nommé chef de projet sur la recherche dans le diabète.
Pour un grand pôle de biotechnologies en France Acteur mondial de la pharmacie, Sanofi-aventis souhaite participer activement à la création d´un grand pôle des biotechnologies en France. Le 5 mai 2009, il a ainsi lancé officiellement le projet Biolaunch. A Vitry-sur-Seine, le groupe va investir près de 200 millions d´euros pour convertir son site de production chimique en une plate-forme de biotechnologies. Celle-ci réunira des activités de recherche, de développement et de production. Y sera notamment assurée la production de lots cliniques d´anticorps monoclonaux à partir de 2012. La plate-forme devrait être ouverte à d´autres entreprises françaises qui pourront y faire réaliser certaines opérations. Le projet Biolaunch s´accompagne d´un programme de formations aux nouveaux métiers des biotechnologies. Présent à Vitry-Sur-Seine le 5 mai 2009, le secrétaire d´Etat chargé de l´industrie et de la consommation, Luc Chatel, a annoncé la possible création d´un fonds d´investissement dans les biotechnologies, abondé par l´Etat et les industries pharmaceutiques. Pour Jean-Claude Muller, « ce fonds d´investissements biotech permettrait des partenariats d´autres natures ». A lire aussi : Russie : un marché émergent où sont présents les membres du G5
Sites industriels des membres du G5 : des piliers dans les régions et pour la France Régulation des prix et politique de remboursement des médicaments
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