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  Article paru le : Mardi 27 Avril 2010

La vente sur internet n´est pas un système de distribution adapté au médicament
Le débat de la vente de médicaments sur internet refait régulièrement surface, en raison notamment de l´évolution de la législation européenne sur cette question et de l´essor de ce média pour rendre accessible une large gamme de produits et services. Or, le médicament n´est pas un bien comme un autre.

De plus ce débat intervient dans un contexte de progression de la contrefaçon des médicaments qui, loin de ne concerner que les pays en voie de développement, s´établit désormais dans tous les pays développés à 10 % des médicaments achetés. Le risque est que le patient reçoive un médicament falsifié, soit sans principe actif soit contenant un produit toxique et en ce sens les exemples sont nombreux.
Internet favorise évidemment la diffusion de ces « faux médicaments ».

Le médicament n´est pas un produit de consommation comme les autres. Les conséquences d´une absorption non encadrée par un professionnel de santé peuvent être dramatiques pour le patient. Au moment de la mise en œuvre du libre accès pour les produits d´automédication, les pharmaciens d´officine ont pris des engagements précis quant à la vigilance que l´on attend d´eux pour tout acte de vente d´un produit bénéficiant d´une autorisation de mise sur le marché. Ce qu´on sait moins, c´est que pèsent aussi sur les fabricants, les distributeurs et les dispensateurs de médicaments, des obligations importantes de traçabilité, de pharmacovigilance, de rappel de lots et ce en continu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Quel autre secteur de consommation assure un tel service ? Sur quels autres produits pèsent de telles obligations ? Aucun.

C´est pourquoi on ne peut en aucun cas comparer le médicament à d´autres produits, et pourquoi la libéralisation de leur vente sur internet est pratiquement impossible, dans l´état actuel de fonctionnement de cet outil fantastique de communication et d´échange. Ce qui n´empêche pas qu´internet soit utilisé pour l´information sur le médicament.

Le consommateur français et européen est il d´ailleurs demandeur de cette vente sur internet ? Même aux Etats-Unis, pays précurseur dans ce domaine, les produits de soins de la peau vendus sur internet, et pour ne prendre que cette catégorie, représentent 4,7 % du marché. C´était 4 % en 2007.

Les nouvelles technologies doivent servir à améliorer la sécurité des patients .et non à la mettre en péril. La Directive européenne sur le commerce électronique indique très clairement que les missions de protection de la santé publique doivent être intégrer par les états membres.

Les entreprises du G5 demeureront réticentes à la vente de médicaments sur internet tant que les mêmes garanties d´adaptation à la pathologie du patient, de qualité et de traçabilité des produits, ne seront pas garanties avec les mêmes exigences que celles existantes dans les pharmacies.

Il revient aux pouvoirs publics d´accompagner cette révolution informatique et d´éduquer la population à son bon usage.

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